Menu de pages
TwitterRssFacebook
Menu de catégories

Publié par le 7 mar, 2011 dans Littérature | commentaires

>Les larmes de Saint-Laurent [DOMINIQUE FORTIER]

Dominique Fortier est arrivé en force dans le domaine littéraire avec un premier roman qui a très vite été remarqué: son fameux Du bon usage des étoiles sera même adapté au cinéma par Jean-Marc Vallée (C.R.A.Z.Y. et Young Victoria). À l’époque, j’avais trouvé son roman intéressant, en fait les thématiques me plaisaient beaucoup, mais j’étais resté sur ma faim. Il m’est arrivé la même chose avec Les  larmes de Saint-Laurent.

L’histoire: Au matin du 8 mai 1902, la montagne Pelée entre en éruption, tuant la population entière de la ville de Saint-Pierre. Un homme survit miraculeusement à l’hécatombe : Baptiste Cyparis, le Revenant de l’Apocalypse. À la même époque, en Angleterre, un mathématicien et une musicienne tentent de percer ensemble les secrets de la terre et du feu. À Montréal, cent ans plus tard, deux inconnus se rencontrent sur le mont Royal dans un jardin semé d’arbres et de croix, avec pour témoins un chien et l’esprit de la ville qui les entoure. D’une geôle martiniquaise au grand chapiteau du cirque Barnum & Bailey, des flancs du Vésuve au boulevard Saint-Laurent, l’auteur du Bon usage des étoiles nous entraîne dans un roman où passé et présent se répondent. Une fresque baignée de lumière, où l’on entend aussi battre le cœur de la terre.

Ce n’est pas tant de rester sur ma faim que de ne pas avoir été touchée par ce roman. Je trouve l’écriture de Dominique Fortier très froide, très calculée. Ses personnages sont décrits avec une belle minutie, mais ils ne sont pas incarnés. Il n’y a pas d’aspect charnel, et même les scènes où il y a sexualité (il n’y en a très peu, 2 ou 3 tout au plus) sont décrites avec un détachement presque scientifique. En même temps, il ne faudra pas s’étonner car les personnages qu’elle se plaît à créer sont soit scientifiques de profession, soit passionné par le domaine ou victimes de forces naturelles. On sent chez elle le plaisir de la recherche, de l’érudition. Une écriture très rationnelle.

L’idée de reprendre cette thématique des éruptions volcaniques et leur impact sur chacun des personnages est réellement intéressante. Partir de cet homme qui aurait réellement existé – Baptiste Cyparis, seul survivant du volcan dévastateur en Martinique – et en faire un roman historique qui nous mènera de cet événement dramatique jusqu’à Montréal de nos jours demande une grande maîtrise et l’auteure réussit bien en général. Mais le bouquin, divisé en trois parties, devient doucement de moins en moins intéressant. On a l’impression que toute la force de son écriture se concentre en début de livre où l’on détaille les mésaventures de Cyparis – de sa survie miraculeuse au volcan jusqu’à son embauche dans un cirque – et que lorsque l’on arrive dans la vie du couple de jeunes scientifiques, le tout s’essouffle. Et c’est pire lorsque l’on atteint la troisième et dernière partie du livre qui se passe à Montréal. J’ai réellement décroché.

J’ai lu en diagonale les dernières pages qui me séparait de la fin et j’avais réellement hâte d’y arriver. Je trouvais que c’était truffé de longueurs, qu’on étirait la sauce et je n’arrivais surtout pas à m’attacher à cette femme assez distante et entourée de chiens. En fait, j’avais même plus de sympathie pour ces chiens.

Par contre, les descriptions qui sont offertes – dans la partie qui explique la vie de Baptiste Cyparis – nous amènent réellement à vivre ces moments – la description du carnaval par exemple – , nous offrent des tableaux très flamboyants, très vivants des lieux, des divers événements qui arrivent. Par exemple, on nous détaille les costumes, les odeurs et les paysages de façon très singulière et tout cela nous mène directement au cœur de cette tragédie d’abord, mais aussi dans cet après, dans l’après « apocalypse » comme elle en parle elle-même et aussi comme on le nomme dans le livre. Et c’est là qu’elle touche quelque chose, une humanité, une compréhension de l’être. Mais ensuite, pour ma part du moins, cela se perd.

Mais reste que les romans de Dominique Fortier nous amène dans des univers intrigants où science confronte philosophie et où un réel intérêt pour l’Humanisme est fort appréciable pour peu que cela nous intéresse. Tout à fait le genre de thématiques qui me parle, me donne envie de lire des romans, mais malheureusement, une écriture qui ne me transcende pas totalement et qui me laisse assez de glace.

L’auteure parle de son roman à Vous m’en lirez tant

Un extrait du roman dans L’Actualité

À propos de Myriam Daguzan-Bernier


Myriam est fondatrice et rédactrice en chef de Ma Mère Etait Hipster. Pigiste à temps complet, vous pouvez la lire chez BRBR et chez Châtelaine. Elle est également gestionnaire de communauté pour l'émission LIRE à ICI ARTV et édimestre pour Châtelaine. Dans ses temps libres (ça existe ça?) rien ne la rend plus heureuse que de passer des heures à fouiner sur le web pour dénicher plein de choses: musique, art, projets, bouffe, nouveautés, etc. Bref, vous ne la trouverez jamais loin d'un ordinateur ou de son téléphone un ti-peu intelligent.



Commentaires

  1. Amélie dit :

    …exactement EXACTEMENT.
    J’avais vraiment envie d’aimer ce livre, rationnellement je sais que c’est bon, je reconnais le talent & la finesse de la construction & tout ça, mais j’ai pas été capable d’accrocher complètement. (Je pense que j’ai passé toute une moitié de livre à regarder compulsivement combien de pages il me restait avant d’arriver à la fin.) Je sais pas. J’ai fini le roman avec l’impression qu’il y avait comme un vide entre ce que l’auteure raconte & ce que les personnages vivent.

    1. Bonjour Amélie et bienvenue! :)

      Merci pour ton commentaire: j’avoue que ce roman a tellement été encensé que je me sentais légèrement à côté de la plaque! C’est un roman que j’aurais « aimé aimer » comme tu dis si bien. Alors tout à fait d’accord avec ce que tu en dis!

  2. Ah! C’est bien!

    N’oublie pas d’ajouter une section « littérature » dans tes catégories…

    1. c’est fait, hey merci je l’avais laissé passer! Impardonnable… !

%d blogueurs aiment cette page :