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Publié par le 9 août, 2010 dans Cinéma | commentaires

>Le Confessionnal [ROBERT LEPAGE]

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Sortie en salle: 1995
Durée: 1h40
Lothaire Bluteau, Patrick Goyette, Jean-Louis Millette, Anne-Marie Cadieux
Dans la filmographie de Robert Lepage,  je n’avais toujours pas vu son premier film, Le Confessionnal. J’ai donc décidé de reprendre le temps perdu et d’écouter ce film assez particulier, d’autant plus que ma grand-mère y fait une prestation de figurante!
Synopsis: Pierre revient d’un séjour de 3 ans au Japon pour les funérailles de son père. Reprenant l’appartement de ses parents, les souvenirs remontent et et les questions, d’autant plus que Pierre croise Marc, son frère adopté dans des circonstances nébuleuses, qui cherche toujours à savoir qui est son père. Une enquête prendra alors place, replongeant dans la ville de Québec des années 50, au moment même où Hitchcock y tourne son film intitulé « La loi du silence ». 
Robert Lepage est un génie du cinéma, un artiste multidisciplinaire extraordinaire. Et ce long-métrage, malgré des erreurs évidentes et le casting qui laisse à désirer, est un travail qui annonçait très bien le potentiel créateur de Lepage. Ce qui paraît dés le départ n’est malheureusement pas le talent fou du réalisateur pour la mise en scène et les dialogues mais on se questionne plutôt sur ce choix étrange de faire de Lothaire Bluteau (Pierre) son personnage principal. Reconnu comme un acteur assez mauvais, on ne comprend pas vraiment cette étrange décision lorsque l’on compare le calibre d’actrices et d’acteurs comme Anne-Marie Cadieux, Marie Brassard ou Jean-Louis Millette, par exemple. Les émotions ne passent pas bien, on le sent très mal à l’aise et maladroit. Son absence de talent culmine dans une des scènes finales où il joue une colère tellement peu sentie, tellement « sur-jouée ». Au moins, les autres comédiens l’accompagnent bien et compensent pour le manque de conviction de Bluteau. 
Malgré ce problème – tout de même majeur étant donné la place importante qui est réservée à ce personnage (Pierre) – on se console avec la brillante construction de ce récit où retours dans le passé s’enchaînent intelligemment avec les scènes du présent, passant de l’un à l’autre en une jonction extrêmement fine et magnifiquement orchestrée. Une scène magnifique se passe dans l’église pendant qu’on tourne le film d’Hitchcock et qu’un prêtre marche vers la sortie et devient tout à coup un extrait du réel film La loi du silence du réalisateur anglais. Superbe fondu réalisé de main de maître. 

Sinon, film original au suspense intéressant mais pas haletant. On pardonne les erreurs (l par exemple, les  bouteilles d’alcool de fort de diverses couleurs qui sont amenées par Pierre pour jouer à Échec et paf alors qu’on se retrouve avec des verres de vin blanc et de vin rouge) et on apprécie le travail d’enchaînement incroyable, le doigté de Lepage ainsi que son imagination débordante. 


Un film à voir pour comprendre le talent d’un créateur de génie. Pas son meilleur mais un projet annonciateur des magnifiques films qu’il a ensuite réalisé.

À propos de Myriam Daguzan-Bernier


Myriam est fondatrice et rédactrice en chef de Ma Mère Etait Hipster. Pigiste à temps complet, vous pouvez la lire chez BRBR et chez Châtelaine. Elle est également gestionnaire de communauté pour l'émission LIRE à ICI ARTV et édimestre pour Châtelaine. Dans ses temps libres (ça existe ça?) rien ne la rend plus heureuse que de passer des heures à fouiner sur le web pour dénicher plein de choses: musique, art, projets, bouffe, nouveautés, etc. Bref, vous ne la trouverez jamais loin d'un ordinateur ou de son téléphone un ti-peu intelligent.



Commentaires

  1. >Et ta grand-mère, tu l'as vue ? :-)

  2. >Oui, on la voit 3 fois! :D

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