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Publié par le 5 juil, 2010 dans Cinéma | commentaires

>J’ai tué ma mère [XAVIER DOLAN]

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Sortie en salle: 2009
Durée: 1 h 36
Xavier Dolan, Anne Dorval, Patricia Tulasne, Monique Spaziani
J’ai enfin pu voir J’ai tué ma mère, le film qui a permis à Xavier Dolan de devenir un des réalisateurs les plus en vue du Québec et même au niveau international. J’ai donc repris mon retard et me suis mise à la page en écoutant ce tout premier long-métrage salué par la critique et qui on fait crier au génie. Pour un film qui n’avait supposément aucun moyen de toucher le public, chapeau. Je dois dire que je comprends l’engouement pour le jeune réalisateur qui vient tout juste de sortir Les amours imaginaires, un petit bijou dont je vous ai parlé ici
L’histoire:  
Hubert, 16 ans, ne supporte plus Chantale, sa mère. Tout en elle l’irrite, depuis son comportement un rien vulgaire jusqu’à sa garde-robe de mauvais goût. Mais le garçon a beau l’accabler de reproches, celle-ci feint l’indifférence ou s’abandonne au jeu de l’engueulade, le temps d’un éclat vite oublié. Lorsqu’il lui annonce son projet de quitter la maison pour aller vivre avec son meilleur ami Antonin, elle cède sans réfléchir, mais quelques jours plus tard, elle se dédie. Ne vient-elle pas d’apprendre, par la maman d’Antonin rencontrée par hasard, que leurs fils sont amants? Lorsque Hubert, furieux, fugue et trouve abri chez une enseignante sensible à sa cause, Chantale, de guerre lasse, se tourne vers le père du garçon afin qu’il l’aide à faire entendre raison à leur fils.
Dans J’ai tué ma mère, on est d’abord enthousiaste par la thématique rarement abordée: la haine d’un adolescent pour sa mère. Elle y est décrite de façon violente, directe, troublante. Dolan a aussi une façon très esthétique de camper ses sujets: scènes entrecoupées de superbes images fixes, une photographie extrêmement léchée, une musique toujours judicieusement placée. Et que dire des acteurs qui interprètent les différents personnages. Le jeune homme a le don de bien s’entourer. Mais je pense principalement à Anne Dorval qui crève l’écran par sa « pâleur », le fade de sa vie, son indifférence fâchante, sa « quétainerie ». La scène où elle n’en peut plus et  « saute une coche » est incroyablement juste et efficace et nous montre, encore une fois, combien elle est une grande comédienne. Dolan, quant à lui, a quelques difficultés mineures avec la justesse de son interprétation et donc, à certains moments on décroche, mais il réussit toujours assez rapidement à revenir sur le ton exprimé et nous rendre le tout crédible. 
La construction de son film est intelligente, sensée et on se prend réellement à s’attacher à ce personnage de l’adolescent en rébellion, à vouloir simultanément « arracher la tête » de cette mère et aussi vouloir la prendre dans nos bras. De beaux moments sont à noter: la séance de « dripping » et la scène où Hubert demande à sa mère « ce qu’elle ferait s’il mourrait aujourd’hui même » et qu’elle répond, pour elle-même, « je mourrais demain ».
Un très beau film qui, pour une première œuvre à vie, se démarque fortement par sa qualité, sa facture magnifique et ses sujets touchants. À voir pour une interprétation magistrale d’Anne Dorval et pour encourager un réalisateur qui a franchement du talent.

À propos de Myriam Daguzan-Bernier


Myriam est fondatrice et rédactrice en chef de Ma Mère Etait Hipster. Pigiste à temps complet, vous pouvez la lire chez BRBR et chez Châtelaine. Elle est également gestionnaire de communauté pour l'émission LIRE à ICI ARTV et édimestre pour Châtelaine. Dans ses temps libres (ça existe ça?) rien ne la rend plus heureuse que de passer des heures à fouiner sur le web pour dénicher plein de choses: musique, art, projets, bouffe, nouveautés, etc. Bref, vous ne la trouverez jamais loin d'un ordinateur ou de son téléphone un ti-peu intelligent.



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