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Publié par le 18 juin, 2010 dans Cinéma | commentaires

>Instruments des ténèbres [NANCY HUSTON]

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Je poursuis mon exploration de l’univers de Nancy Huston en lisant, cette fois, Instruments des ténèbres, un de ces titres les plus connus. Pour l’instant, je dois dire que c’est le roman de l’auteure que j’ai eu le plus de difficulté à lire. 
Le roman est entrecoupé entre deux récits: le dialogue constant de l’auteure et de son daïmon – l’entité avec qui elle a fait un pacte qui consiste à donner son âme pour pouvoir écrire ce roman – et une histoire basée sur des faits véridiques ayant eu lieu au 18ème siècle. Les deux histoires se recoupent, évidemment. 
Il y a celle de Barbe, jumelle de Barnabé, qui aussitôt née devient orpheline, sa mère morte en couches. Barbe est née coiffée, la chance devrait donc lui sourire. Mais on réalise rapidement que ce n’est pas le cas. Quant à Barnabé, le fantôme de sa mère lui annonce qu’une ombre le suit et le prévient de mauvais moments à venir. C’est plutôt l’histoire de Barbe que l’on suivra, accusée de sorcellerie pour avoir tuée sa meilleure amie foudroyée et d’avoir caché une grossesse et donné naissance à un bâtard mort-né. Et il y a celle de l’auteure, qui se justifie auprès de son daïmon de son écriture, des thèmes qu’elle aborde, des similitudes avec sa propre vie, ses propres malheurs. 
Roman catharsis pour l’auteure, plus difficile d’y embarquer pour le lecteur. On nous demande de plonger très loin dans les spéculations littéraires et philosophiques sur la vie de l’auteure qui, par contre, a une plume magnifique, une écriture qui ravage, qui donne froid dans le dos et est criante de vérité. Même s’il n’est pas toujours facile de suivre le récit de l’auteure, celui de Barbe est passionnant et touchant. Celui-ci est linéaire, chronologie alors que l’autre est plus déconstruit, basé sur les émotions et les souvenirs intimes. Cela change complètement de registre, de style d’écriture (l’un beaucoup plus factuel, l’autre rempli de digressions), rendant la lecture plus ardue, mais certainement pas moins intéressante par contre.
Encore une lecture marquante, frappante par la beauté de l’écriture de cette femme si talentueuse.

À propos de Myriam Daguzan-Bernier


Myriam est fondatrice et rédactrice en chef de Ma Mère Etait Hipster. Pigiste à temps complet, vous pouvez la lire chez BRBR et chez Châtelaine. Elle est également gestionnaire de communauté pour l'émission LIRE à ICI ARTV et édimestre pour Châtelaine. Dans ses temps libres (ça existe ça?) rien ne la rend plus heureuse que de passer des heures à fouiner sur le web pour dénicher plein de choses: musique, art, projets, bouffe, nouveautés, etc. Bref, vous ne la trouverez jamais loin d'un ordinateur ou de son téléphone un ti-peu intelligent.



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